• Propos de Yang Cheng FU

    Propos de Yang Chen Fu

    rapporté par Zhang Hong Kuî

    Tiré du livre « Yang style Taichi chuan » de Yang Zhen Duo

    Traduit de l’anglais par Michel Le Gac

     

     

    Propos de Yang Cheng FU

     

     

    Il y a de nombreuses écoles de Wushu (arts martiaux) chinois et leurs exercices techniques sont tous basés sur des principes philosophiques. Depuis les temps les plus reculés, nombreux sont ceux qui ont consacré leur vie et leur énergie à expérimenter la nature et l’essence même de cet art et à tâcher d’en maîtriser la technique, mais bien peu sont parvenus à leur fin. Malgré tout il est possible de s’améliorer en persistant dans la pratique pour, un jour, devenir un expert.  Comme l’explique le dicton : » une goutte qui tombe constamment au même endroit peut finir par percer la roche. »

     

    Le Taijiquan fait partie du riche patrimoine culturel de la Chine. Ses mouvements lents et souples cachent vigueur et puissance, comme l’illustre bien le dicton chinois « Dans le coton se cache l’aiguille d’acier. » Ses qualités techniques, physiologiques et mécanique ont toutes une origine philosophique. Les apprentis auront besoin des conseils d’un bon professeur et de discussion  sur la technique et la pratique avec les autres pratiquants. Ils auront surtout besoin d’une persévérance inlassable. Il n’y a en effet rien de mieux que la pratique et les nouveaux élèves, hommes et femmes, jeunes et vieux, obtiendront les meilleurs résultats s’il s’y tiennent tout au long de l’année.

     

    Ces dernières années, le nombre de candidats à l’apprentissage du Taijiquan a augmenté de façon significative. C’est là un présage du brillant avenir du Wushu. Beaucoup d’apprentis font preuve de conscience et de persistance dans leur pratique, ce qui leur permettra d’atteindre un haut niveau. J’aimerais cependant vous mettre en garde contre deux tendances néfastes. La première est que de jeunes pratiquants talentueux qui apprennent plus vite que la moyenne, font vite preuve de complaisance et s’arrêtent à mi-chemin. Ceux là  n’auront jamais beaucoup de succès. La seconde tendance est l’impatience dont font preuve certains de connaître un succès rapide pour un bénéfice instantané. Ils veulent tout apprendre en très peu de temps, de la pratique de la Forme à celle de l’épée, en passant par celle du sabre et d’autres armes. Il finissent par connaître des bribes de chaque discipline sans en maîtriser l’essence et leur pratique est constellée de fautes, au regard d’un spécialiste. Il devient difficile de les corriger car une remise à niveau complète serait nécessaire et, la plupart du temps, ils prennent une bonne décision qu’ils ne tiennent jamais. Un vieil adage court dans les milieux de la boxe à ce sujet, qui dit : »Apprendre le Taiji quan est facile, corriger les mauvaises habitudes est difficile. » En d’autres termes, trop de hâte empêche d’avancer. Le problème devient très dommageable quand ces personnes se mettent dans la tête de vouloir enseigner.

     

    Dans l’apprentissage du Taiji Quan, il faut tout d’abord commencer par le « Quan Jia » ou « Forme » de la Boxe. Il convient de se conformer aux séquences successives, de copier chacun des gestes du maître soigneusement et de les mémoriser. En même temps, il est nécessaire également de respecter les nei, wai, shang et xia. Nei signifie utiliser l’esprit plutôt que la force. Wai  signifie relâcher les membres, les épaules et les coudes en effectuant des mouvements doux et continus qui naissent dans les pieds pour monter dans les jambes puis à la taille. Shang veut dire pousser la tête vers le ciel et xia enfoncer la respiration dans le bas ventre.

     

    Le débutant doit considérer  comme essentiel de se conformer à ces critères, d’en saisir l’essence et de répéter encore et encore chacune des séquences, sans jamais viser à un succès rapide et un bénéfice immédiat. Il est préférable de progresser lentement mais sûrement. Pendant la pratique, il est nécessaire de relâcher toutes les articulations du corps pour que les mouvements soient parfaitement naturels  et libérés. Il convient également de ne pas retenir sa respiration (cela peut mener à perdre le souffle.)  Ces points sont bien connus des experts, cependant,  beaucoup de pratiquants ont du mal à les respecter.

     

    Le débutant se doit de garder à l’esprit les points suivants :

     

    Garder la tête bien droite, ne l’incliner ni en avant ni en arrière. Il est dit : « C’est comme si l’on portait quelque chose sur la tête en faisant bien attention à ce qu’il ne tombe pas. » Il ne faut cependant pas tenir la tête trop raide et, bien que les yeux regardent droit devant, ils doivent suivre les mouvements des membres et du corps. Les yeux regardent dans le vide, ils restent cependant un composant essentiel du corps en ne formant qu’un tout avec lui.  La bouche doit rester mi-ouverte, mi-fermée. L’inspir se fait par le nez et l’expir par la bouche de façon naturelle. S’il y a production de salive, il faut l’avaler.

     

    Garder bien verticaux le torse et la colonne vertébrale . Pendant la pratique, la poitrine est creuse et le dos s’étire. Il convient de bien garder ces règles à l’esprit sinon les mouvements risquent de devenir pures formalités ou inesthétiques et les progrès inexistants, même après de nombreuses années de pratique.

     

    Relâcher les articulations des deux bras, laisser tomber les épaules et s’arrondir les coudes, les paumes légèrement étirées et les doigts légèrement fléchis. Se concentrer dans le mouvement des bras et faites venir le Qi dans les doigts. Si l’on se concentre sur ces points, le succès viendra.

     

    Faites bien la différence entre les deux jambes qui se déplacent très souplement comme le ferait un chat. Quand le pied droit  est solidement ancré dans le sol, le pied gauche est vide et vice versa. Le pied bien ancré au sol ne signifie pas qu’il faille mettre trop de poids sur cette jambe car, dans ce cas, le corps se penchera en avant et l’on perd son équilibre.

     

    L’action des pieds se divise entre coups de pied vers le haut et coup de pieds vers le bas. Dans le cas d’un coup de pied vers le haut, porter l’attention sur les orteils, dans le cas d’un coup de pied vers le bas, sur la plante du pied. La conscience de l’action sera suivie par l’énergie vitale et l’énergie vitale sera suivie de la force. Ce faisant, il convient de relâcher les articulations et d’éviter toute contraction.

     

    Dans la pratique du Taiji Quan, il convient tout d’abord de maîtriser la « Forme » comme il a été dit plus haut (la Forme à mains nues), telle que la boxe de l’ombre et « changquan » (la boxe de l’ombre longue). On peut ensuite passer successivement à la poussée des mains à une seule main, à pas fixe, à pas mobile et puis au combat libre. Par la suite, on peut commencer la pratique des armes comme l’épée, le sabre et le bâton.

     

    Les débutants doivent pratiquer chaque matin ou avant d’aller se coucher. Il est préférable de pratiquer sept ou huit fois durant la journée. Si on est à court de temps, alors au moins une fois le matin et une fois le soir. Ne pas pratiquer aussitôt après un repas ou après avoir absorbé une boisson. Les meilleurs endroits pour pratiquer sont les jardins ou les parcs ou l’air est pur et l’environnement propice à la santé. Ne pas pratiquer les jours de vent ou dans des endroits insalubres … 

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