• Interview du Maître Chen Shi Jong

    INTERVIEW DE CHEN SHI JONG  - Professeur de Taïji Quan à Taïwan puis à Berlin 

     2ème génération dans la lignée du Maître Cheng Man Ching 

    (Par Hérald Loygue et Marc Mazalairas) 

    Publié le 27/07/2011 par Ecole Lishan dans Taïchi Chuan

      

    Interview du Maître Chen Shi Jong, 2ème génération dans la lignée du Maître Cheng Man Ching

    Me CHEN SHI JONG


    Quel est l’essence du Taï chi chuan ? Qu’est-ce que l’essence ? Comment définir le Taï chi chuan  ? 

    Me CHEN SHI JONG: Très difficile à répondre … Si j’avais à répondre, un constant changement !


    Que pensez-vous des différents styles de Taï chi chuan  ? 

     Me CHEN SHI JONG: Dans la plupart des styles, la plupart des gens sont trop attachés à la forme extérieure.

     

     Qu’ est-ce que vous entendez par forme extérieure ? 

    Me CHEN SHI JONG: Pas dans la forme, mais dans l’expression de la forme, plus dans une forme morte, vide. Dans le sens où c’est trop défini : le style Yang fait le Tai chi chuan yang, le style Chen fait le Chen TCC,… Penser en style c’est faire mourir le Tai Chi Chuan! Les gens s’axent, s’orientent plus par rapport à la forme, au style que par rapport à l’enseignement. Théoriquement, l’orientation devrait être dirigée plus sur l’enseignement que sur le style, la forme extérieure.

     

    Y-a -t-il un TCC santé et un autre martial ? 

    Me CHEN SHI JONG: Pas de différence ! Les gens doivent se battre eux-même pour leur propre santé… (rires)

     

    Quels sont les connections entre la forme et les Tui Shou ? 

    Me CHEN SHI JONG:Dans le TCC, forme et Tui Shou sont la même chose … Que tu fasses la forme ou les Tui Shou, aucune différence dans l’état d’esprit, dans ce sens là c’est la même chose. Si quelqu’un essaie de te pousser ou pas c’est la même chose !

     

     Si vous aviez à remplacer le TCC par un autre un nom ? 

    Me CHEN SHI JONG: Un constant changement, la transformation.

     

    Quelle est la place des armes dans le Tai Chi Chuan ? 

     Me CHEN SHI JONG: Des armes ? Quelles armes ! Quand les personnes voient la pratique des épées, sabres,…  Quand les principes sont compris, tu peux utiliser toutes les armes, tout devient une arme ! Bien sûr il y a le sabre, l’épée, le bâton, … mais on peut tout utiliser. Ces choses-là, c’est quand tu veux gagner de l’argent ! (Rires) Celui qui veut gagner de l’argent, il fait toutes les formes …


    Que pensez-vous des compétitions ? 

      Me CHEN SHI JONG: Aucun sens. A Taiwan, il y a des gens qui arrivent premiers après seulement deux ou trois années de pratique. Ce qui veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans ces compétitions. (Rires) Une anecdote à ce sujet : "Mon professeur, Me Ke Chi Hua (disciple de Cheng Man Ching) était jury à une de ces compétitions à Taiwan. Il y avait un homme dans la catégorie des 70/80 qui ne voulait pas rester dans cette catégorie de poids. Il a été faire le jogging pour transpirer et perdre du poids pour descendre de catégorie ainsi il arrivait au plus haut de la catégorie inférieure, moins de 70 kg. Et il est arrivé premier. Ensuite, comme il savait que mon professeur était très bon, il demande à essayer avec lui… Mon professeur, très maigre, et qui était encore en costume de ville, l’a envoyé voler tout de suite ! C’est pour cela que cela n’a aucun sens. Les gens de ces compétitions réagissent bien, bonne réaction mais cela n’a rien à voir avec la qualité du TCC.

     

    Si vous aviez des conseils à donner aux pratiquants français, à ceux qui veulent faire du Taï chi chuan  en France ? 

    Me CHEN SHI JONG: Les points principaux c’est : Chercher un bon professeur et l’autre, le travail personnel. La transmission orale est très importante, montrer à travers le corps ne suffit pas. Beaucoup de gens ne trouvent pas les deux. A Taiwan, c’est la même chose, il y a des gens qui s’entraînent depuis des années mais pas avec un bon professeur, aussi il n’y a pas de résultat ! Si tu cherches, tu finis par trouver. Quelquefois cela demande du temps et pas mal de détour, il faut rester ouvert! Parfois également les gens sont bloqués par leur professeur, parce que leur professeur est bloqué dans certaines directions. Cela ferme la voie. J’ai déjà rencontré des gens comme cela. Parfois des résultats qu’on devrait obtenir en 5/6 ans n’arrivent alors qu’après une vingtaine d’années ! C’est ennuyeux, on perd du temps. Le point principal c’est d’avoir confiance, de croire, si tu n’y croies pas, aucune chance. Beaucoup de gens n’ont pas confiance !


    Est-ce que le Taï chi chuan  a un goût ? 


    Me CHEN SHI JONG: Un goût ?

    Pour les débutants c’est peut-être comme le  » Bitter Lemon « … Au début apprendre la forme, c’est amer, puis quand on a mal aux jambes, cela devient acide et enfin quand on y arrive, aaah ! C’est sucré ….(rires) Si ce processus se passe, c’est à peu près juste, mais si on commence et que c’est très confortable, y’a quelque chose qui ne va pas … Aussi quand tu cherches un professeur, il faut chercher dans ce sens-là. Au début, ce doit être amer. Si ce n’est pas amer c’est que c’est déjà mélangé … A cause de la pédagogie, le désir d’attirer des élèves,…

    Me CHEN SHI JONG: Y’a beaucoup de débutants qui viennent pour le côté confortable ! Le problème est que si tu donnes de l’amer au début, les élèves ne restent pas ! (Rires)


     Merci Chen Shi-Jong ! 

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