• Interview de Huang Sheng Shyan

     

    Interview de Huang Shen Shyan

    Huang Sheng Shyan

    1910-1992

    Expert de la Grue Blanche de Fujian, Huang Sheng Shyan devint élève de Cheng Man Ching en 1947. Après des années de travail quotidien à ses côtés, il part en Malaisie à la fin des années cinquante où il forme des milliers d'étudiants, créant un réseau d'écoles à travers l'Asie du Sud-Est, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Il codifie dix-huit poussées des mains et réintroduit une forme rapide combinant les principes du Taï Chi Chuan et de la Grue Blanche. Comme Cheng Man Ching, Huang a ouvertement enseigné les aspects les plus profonds du Taï Chi Chuan.

     

     

     

    1.Y a-t-il différentes écoles de Taï Chi ?

    Le Taï Chi représente un ensemble complet de connaissances, développé et transmis par notre éminent prédécesseur avec des principes difficiles à appréhender et des connaissances philosophiques profondes. Les mouvements de Taï Chi sont scientifiques car les principes sont fondés sur des bases scientifiques. Nos prédécesseurs ont développé cet art pour améliorer la santé humaine, éviter la maladie, ralentir le processus du vieillissement, augmenter la longévité et se défendre. Tout ceci profite à l’humanité et à la société. Il s’agit de favoriser la formation d’une bonne personnalité. Un adepte qui a assimilé le Tao (ou la philosophie comme un mode de vie) du Taï Chi contribuera à la bonne gouvernance du pays et à la paix universelle. Le Taï Chi n'est pas un art martial dont le but serait la vantardise et la rivalité. Un pratiquant de Taï Chi doit nécessairement comprendre ses principes et sa philosophie. Personne ne devrait dévier de ces principes et de cette philosophie. Les mouvements peuvent être développés et modifiés mais les principes sont éternels. Les formes externes peuvent différer d’une personne à l’autre mais les principes de référence sont invariables. C’est ce qui fait qu’il n'y a aucune base sur laquelle s’appuyer pour faire la différence entre certaines écoles et d’autres. Au contraire, ce qui devrait prévaloir, c’est l’esprit d'une famille unie. L'intérêt commun pour l'art devrait l’emporter sur l'intérêt personnel. Ce qui devrait faire apparaître une attitude d’ouverture, à condition de ne pas oublier l'esprit avec lequel le fondateur et nos prédécesseurs ont propagé la philosophie du Taï Chi à travers le monde afin d'améliorer la santé de l'humanité.

     

    2. Comment devrions-nous pratiquer le Taï Chi pour accéder à la justesse ?

    Il y a un large fossé entre l’exécution juste et celle qui ne l’est pas. Souvenez-vous des paroles du vieux maître Wang Tsung Yueh selon lesquelles le corps doit être naturellement et verticalement équilibré sans pour autant oublier les principes : être relâché, plein et conscient des différentes parties du corps. Pendant que l’on pratique la forme, il faut être attentif, conscient ou vigilant, observateur et il faut sentir où se situe le mouvement. Autrement la forme est vide de sens et l’on trompe les gens. Pour acquérir la justesse, il faut suivre les principes du Taï Chi tout en ayant une méthode d’entraînement correcte. Il est nécessaire d’avoir un bon maître en même temps qu’une recherche personnelle constante. On doit apprendre l'art du Taï Chi progressivement afin d’être sur un terrain solide avant de passer à l’étape suivante. Les exigences personnelles sont aussi importantes. Il faut être déterminé, confiant, persévérant et motivé. Avoir des moyens d’existence sûrs et un environnement normal associés à une détermination, une étude et une pratique constantes ainsi qu’une compréhension claire et approfondie des principes, tout cela mènera à l'accomplissement de la justesse. Ce qui est à l’opposé de ceux qui veulent apprendre vite, qui s'intéressent aux formes externes et qui apprennent à pratiquer sporadiquement. Ceux-là comptent apprendre d'abord et être corrigés plus tard, sans réaliser que c'est encore pire que de commencer à zéro. D'autres prennent les principes du Taï Chi avec légèreté ou superficiellement et comparent l'art à des exercices, de l’entraînement ou de la danse ordinaires. Tout cela a une forme mais aucune substance. On doit comparer son corps à une machine parfaite dont la moindre pièce détachée défectueuse affecterait le bon fonctionnement de l’ensemble. Le fondateur du Taï Chi a dit:"Réaliser le Tao est important, acquérir la dextérité est secondaire; celui qui n’apprend pas mon Tao n'est pas mon étudiant." Donc tout aussi importants sont la sincérité et la droiture ou un bon sens moral.

     

    3.Y a-t-il différentes formes de Taï Chi ? Est-ce que les principes en sont différents ?

    Le fondateur a créé l'art. Mais au fil des ans, les formes du Taï Chi ont varié : certaines ont 24 mouvements de base tandis que d'autres en ont 37; certaines des formes comprennent 64 mouvements, d’autres 72, d’autres encore en ont 108 ou même 124. Il y a des formes longues et des formes courtes. Les mouvements ont été grands et larges ou petits et compacts. Certains privilégient des positions hautes; d'autres optent pour des postures basses. Certains pratiquent lentement; d'autres pratiquent à une allure plus rapide. Les auteurs de toutes ces divergences sont des hommes. Ce qui est important, c’est que les principes restent les mêmes. Des maîtres différents avec des tempéraments différents ont suivi les principes de base à travers les âges Ils se sont engagés dans une recherche et un entraînement continus. Ils ont revu et amélioré l'art jusqu'à ce que l'objectif ultime soit réalisé suivant lequel la forme devient sans forme, les membres ne sont plus importants, la force brute devient inexistante et la rigidité a cédé la place à un relâchement total. La formation de l’individu a progressé jusqu’au niveau du « non-soi » et de la non-résistance, si bien que c’est le corps tout entier que l’on utilise et les mains ne sont plus utilisées comme des mains. Et l’on atteint ainsi jeunesse et longévité. Il est facile de maîtriser les formes justes lorsque le Qi et les principes de l'art s’harmonisent intérieurement. Il faut aussi réussir à harmoniser les parties supérieures, moyennes et inférieures ainsi que les parties gauche et droite du corps. Même si c’est difficile, il est relativement plus facile de maîtriser correctement les formes que d’acquérir une réelle compétence dans l’art. C’est ce que l’on réalise lorsque l’on s’entraîne ou que l’on pratique car il y a un certain nombre de parties du corps, dont normalement nous n’avons pas conscience, que nous avons du mal à garder sous contrôle, que ce soit du point de vue de la vitesse, du timing, du rythme ou de l'équilibre. A cause de cela, l‘habileté dans l'art est difficile à acquérir. Mais alors, comme le dit le fondateur, "la compréhension d’une seule partie de l'art ouvre à la compréhension de l’ensemble. Alors toutes les écoles et les sectes se fondent en une seule entité"

     

    4.Vaut-il mieux pratiquer le Taï Chi souvent ou occasionnellement ?

    Il n'y a pas d’extrême en Taï Chi. L'essentiel se trouve dans la façon de s’entraîner. Si la méthode n'est pas correcte, cela ne fait aucune différence avec la pratique des exercices ordinaires où l’on passe beaucoup de temps à s’entraîner, mais où l’on obtient relativement peu de résultats. Donc ce n'est pas une question de pratiquer plus ou moins fréquemment, mais de pratiquer correctement. C'est-à-dire que l'équilibre central doit être maintenu verticalement. Chaque mouvement doit être rigoureux de telle sorte que la position soit équilibrée verticalement. Les principes restent inchangés : dans la courbe il y a la droite et vice versa. On doit étudier et pratiquer constamment, comprendre les principes et les points les moins évidents. En maîtrisant tout cela on acquerra naturellement l'habileté. Il ne s’agit donc pas de pratiquer trop ou trop peu mais plutôt de pratiquer correctement.

     

    5.Qu’est-ce qui est correct: pratiquer l'art vite ou le pratiquer lentement ?

    La terre tourne à une vitesse constante qui lui est propre. De même le Taï Chi ne devrait pas être pratiqué trop lentement ou trop vite mais devrait être pratiqué confortablement. Le corps humain doit être mis en mouvement naturellement sous peine de faiblesses. Si la pratique est trop rapide, la respiration en est affectée, devient irrégulière, on s’essouffle et le cœur bat trop vite. Si la pratique est trop lente, les membres et les articulations deviennent raides. Le Qi est bloqué et stagne localement : l'intention ou la conscience sont bien utilisées mais le Qi ne circule pas. La force interne et le Qi doivent être synchronisés. Intérieurement, il y a l'harmonie de la libido, de l'énergie, du Qi et de l'esprit tandis qu'extérieurement, l'esprit, la conscience (ou l'intention) et le corps sont aussi en harmonie et, à leur tour, les harmonies tant interne qu'externe sont synchronisées. Les muscles doivent être détendus et toutes les parties du corps sont naturellement sans tension. Il n'est donc pas possible de dire que pratiquer vite est correct ou que pratiquer lentement est correct car tout dépend du niveau d'accomplissement de l’élève. Il faut pratiquer jusqu'à ce que le corps entier soit détendu et équilibré confortablement. Une fois qu'il y a synchronisation interne et externe, alors la question de lenteur et de rapidité dans la pratique est sans importance. À ce stade, on a la sensation que la partie supérieure du corps ressemble à une traînée de nuages et la partie inférieure à de l'eau qui coule. La conscience est continue et en harmonie avec le mouvement. Toutes les parties du corps sont naturelles et unifiées. Il n’est alors plus question d'aller vite ou lentement.

     

    6. Faut-il avoir des positions hautes ou des positions basses dans les mouvements de Taï Chi ?

    L'art du Taï Chi ne fait pas la distinction entre les positions hautes et les positions basses, mais est plutôt basé sur l'idée de quatre "équilibres": 1. équilibre dans l'ampleur de la position ou du mouvement de telle sorte que, lorsque le corps est en mouvement, les deux côtés se déplacent dans l’espace avec la même amplitude; 2. exactitude ou précision réalisées simultanément par toutes les parties du corps; 3. équilibre du corps quand on se déplace ou que l’on tourne; 4. stabilité, particulièrement lorsqu’on se déplace. Il faut développer l'équilibre externe-interne, ou harmonie, quand il n'y a aucune inclinaison de l'axe central du corps. Quand la force arrière est libérée, le genou de derrière qui est fléchi, va avancer ou se redresser légèrement, quoique la hauteur totale du corps reste inchangée. Cela est vrai lorsque la conscience (ou l'intention) et le Qi « fusionnent » au centre, au lieu de monter, tandis que le genou plié est utilisé pour s'adapter en conséquence. La conscience est sollicitée pour amener les muscles à se détendre. Les articulations, les muscles et les ligaments doivent alors être relâchés, détendus et "grands" ouverts, tout en restant toujours liés. Le corps est alors droit et à l'aise. La conscience est aussi sollicitée pour " transmettre " les principes du Taï Chi à des parties du corps. Une fois réalisés les quatre équilibres et les huit stabilités, la réponse est alors donnée individuellement à la question des positions hautes et des positions basses.

     

    7. Comment peut-on distinguer le vide et le plein entre la gauche et la droite du corps ou entre le haut et le bas du corps?

    Les muscles, le squelette et les nerfs font partie du corps. Lorsque l’on exécute les mouvements, il est extrêmement important d'utiliser la conscience pour enraciner et détendre le corps. Le centre de gravité est déplacé tout en préservant l’alignement de l'axe du corps. Il est important de se concentrer sur la stabilité, le calme, le relâchement et l’enracinement. Les mouvements internes propulsent les mouvements externes d'une façon continue ou ininterrompue. La force interne est générée avec des mouvements tournants. Ce n’est que longtemps après que le corps entier est équilibré. Quand on distingue bien la gauche de la droite, l’une est pleine et l'autre vide selon le schéma de « l'alignement croisé ». Par exemple, en même temps que l’on distingue le haut et le bas du corps, quand la partie supérieure gauche du corps est pleine, la partie inférieure gauche est vide et de la même façon, quand la partie supérieure droite du corps est pleine, la partie inférieure droite est vide. Ce modèle d'alignement croisé est utilisé dans les déplacements du centre de gravité d'un pied sur l'autre. Cela fait penser aux "carrefours" du système nerveux. Donc, quand on déplace le Qi, il faut séparer le plein du vide, faire un pas sans déplacer le corps ou déplacer le corps et pas la main. Si, quand on fait un pas, le corps bouge aussi, cela signifie qu’on ne sépare pas le plein du vide. Si, quand on déplace son corps, la main se déplace aussi, alors l'épaule et les mains ne sont pas détendues. Il est important de suivre les principes selon lesquels il faut utiliser la conscience pour générer le mouvement. Le haut et le bas du corps, les parties gauche et droite du corps doivent être coordonnés. Une meule ronde peut se déplacer mais le centre ne se déplace pas. Toutes les parties du corps forment alors un ensemble qui se caractérise par la légèreté et l'agilité, la rondeur et la douceur, la respiration régulière, l’alternance d’ouvertures et de fermetures rappelant ainsi la mer : lorsqu’une partie est en mouvement, la totalité de la mer bouge aussi. Les mouvements sont guidés par la conscience et se déroulent à une cadence harmonieuse comme les mouvements réguliers des vagues.

     

    8. Comment les mouvements pourraient-ils être pratiqués afin qu'ils puissent être utilement mis en pratique?

    Prenez par exemple les cinq exercices de relâchement. Ces exercices sont basés sur les principes du Taï Chi. Pendant la pratique, la concentration doit être totale sinon la moindre distraction en annulera les effets. Gardez à l’esprit les trois points de non-mouvement : la tête qui doit être arrimée au corps, les mains qui ne doivent pas se déplacer de leur propre gré et les plantes des pieds qui doivent être silencieuses et enracinées dans le sol. La conscience (ou l'intention) guidera le Qi. On fait les pas sans affecter ou déplacer le corps. Les mouvements tournants partent de la taille et des hanches et l’on fait avancer les mains à partir de la taille et des hanches conformément au principe que tous les mouvements proviennent de la taille. Les principes doivent être compris et aucun mouvement ne peut dévier des principes. Une fois que vous le réalisez intérieurement, vous pouvez réussir à le faire extérieurement. Une fois que vous êtes entièrement détendu, vous pouvez changer en fonction des circonstances et vous pouvez donc neutraliser une force qui arrive sur vous. Vous aurez alors atteint cet état de "non-moi" où le corps tout entier est l'arme et les mains ne sont plus utilisées comme des mains. Si vous n'êtes pas capable de mettre vos mouvements en pratique de façon fructueuse, c’est que vous n'avez toujours pas compris l’essentiel des cinq mouvements à pratiquer pour se détendre. Si vous n’avez pas maîtrisé l’essentiel, cela n’a aucun sens de parler de la façon d’exécuter les mouvements.

     

    9. Quel conseil pouvez-vous donner pour détendre l'abdomen et relâcher le coccyx ?

    Le Qi est stocké dans le Dan Tien du fait de l'utilisation de la conscience pour le faire descendre à cet endroit. A partir de là, le Qi devrait circuler dans tout le corps. Si le Qi stagne dans le Dan Tien, l'abdomen aura alors la sensation d'être contracté. C’est seulement lorsque le Qi circule partout dans le corps que l'abdomen sera détendu et souple. Au bout d’un certain temps, l'abdomen acquerra une certaine "tonicité" ou "élasticité" et le Qi circulera dans le corps entier. Le Qi peut être enfermé ou absorbé dans la colonne vertébrale. La Chanson des Treize Positions dit, "si l'abdomen est complètement détendu, alors le Qi se développera." Donc ne vous contentez pas de stocker le Qi dans l'abdomen si vous ne voulez pas que le ventre soit gonflé. Avoir le coccyx relâché signifie qu’il n’y a aucune avancée des fesses tout en s'assurant en même temps que les articulations des hanches "ne glissent pas" en avant. Il faut combiner cette position à la détente de l'abdomen et les deux exigences doivent être satisfaites en même temps. Autrement, il n'y a aucun enracinement tandis que la taille est raide à cause du déséquilibre vertical. Il est important de maintenir la verticalité de l'axe central du corps pour parvenir à l'équilibre central. On peut faire le test suivant pour voir si tout a été fait correctement: appuyez un pouce sur l'abdomen et relâchez-le soudainement. L'abdomen devrait réagir d’une façon souple et élastique. En même temps, les fesses ne devraient pas être contractées.


    10. Quel est le véritable esprit du Taï Chi ?

    Les maîtres de Taï Chi qui sont bons et célèbres enseignent tous la même chose mais les étudiants apprennent différemment. Parce que les étudiants ne sont pas dotés des mêmes dons par la nature et n’ont pas les mêmes capacités physiques. La véritable acquisition de l'art ne réside pas seulement dans la maîtrise des formes externes, mais aussi dans la maîtrise des principes et de la philosophie. Celui qui apprend doit être un homme raisonnable qui a étudié, pratiqué et compris l’art avec succès. Il ne se comportera pas de manière déloyale et ne sera pas égoïste. Il est totalement dévoué au Taï Chi. Il partage l'esprit du fondateur qui est de s’efforcer de rendre l'humanité physiquement et mentalement saine. Voilà le véritable esprit du Taï Chi.

     

    11.Combien de fois par jour doit-on pratiquer les enchaînements ?

    Le principe important est la modération. La technique doit être correcte. Certains disent que l’on doit pratiquer la forme dix fois par jour, un enchaînement durant environ 25 minutes. Cette façon de pratiquer se fixe uniquement sur la quantité et gaspille le Qi et l'énergie. Elle est contraire aux principes de base du Taï Chi car elle ne sert qu’à vous faire transpirer et perdre du poids. Elle n’ apporte rien au développement de la force interne, des organes internes ou, d’une façon générale, du corps intérieurement. Le grand-maître Cheng Man Ching a dit:‘’Je m’entraîne à faire bouger la force interne et le Qi en pratiquant chaque jour les 37 mouvements de base. Un enchaînement dure seulement 7 minutes." Il ne s’agit pas de pratiquer trop ou trop peu mais de pratiquer correctement. En utilisant mon expérience et en suivant ma technique d’entraînement, les étudiants sont encouragés à pratiquer matin et soir pendant environ 5 minutes, afin de travailler un mouvement particulier ou une position (chacun d'entre eux se divisant en 2 parties) plusieurs fois. Il est probable que les étudiants qui s’entraînent ainsi vont réussir.

     

    12. Certains étudiants apprennent et pratiquent le Taï Chi depuis plusieurs années et sont encore instables. A quoi cela est-il dû ?

    Beaucoup d'étudiants s’appuient sur des connaissances erronées et utilisent une mauvaise technique. Les étudiants doivent commencer par la compréhension du Tao de la philosophie, puis poursuivre avec les principes, ensuite utiliser la méthode correcte et enfin fournir des efforts. Ils doivent comprendre le rapport de l'homme avec son environnement ou l'univers et utiliser la méthode du Qi pour pratiquer. Ils doivent être humbles et persistants dans leur pratique.

    Petit à petit, ils arriveront à s’enraciner et ils comprendront la méthode pour pratiquer. Comprenez les principes et soyez conscient des aspects les moins évidents et les moins perceptibles en ralentissant la technique d’apprentissage. On ne peut jamais percevoir de l’extérieur l’enracinement et la force interne. On peut les développer par une méthode correcte. Pendant que l’on pratique les mouvements et que l’on développe la force interne, les articulations doivent être relâchées bien qu’encore liées. Le corps entier est détendu et n'est pas facilement renversé par un adversaire. On peut distinguer le vide du plein. Cherchez à être souple et flexible comme un serpent dont la queue viendra en renfort si vous attaquez la tête, ou vice versa ou dont la queue et la tête viendront à l’aide si le centre est attaqué. Soyez ouvert à la conscience (ou à l'intention), et alors vous réaliserez le calme et la souplesse. Il est plus facile de soulever une tringle de fer de 200 katies que de soulever une chaîne métallique de 100 katies Cela illustre bien les principes selon lesquels les articulations doivent être complètement détendues. Les étudiants doivent aussi comprendre l’usage du Yin et du Yang dans les mouvements et les exercices de poussée des mains. Les principes du Yin et du Yang se trouvent dans le Taï Chi qui englobe l'univers : tous les mouvements, qu’ils soient divisés entre le haut et le bas du corps, le côté droit et le gauche, le devant et l’arrière, l’interne et l’externe, ne doivent pas dévier des principes de vide et de plein. Le déplacement et le calme alternent continuellement : le Yin ne s’écarte pas du Yang et vice versa. Quand le Yang se déplace, le Yin se déplace aussi et vice versa. Ce principe doit être compris lorsque l’on pratique les mouvements de la forme. Le corps et la personnalité sont formés ensemble comme le sont l'acquisition du Tao et l'art. Le Tao est relié au Yin tandis que l'art ou l'habileté forment le Yang. Le Yang se développe à partir du Yin, à l’achèvement du Yin. Quand on est détendu, le calme et l’enracinement deviennent des composantes Yin. Neutraliser la force, c’est le fondement à partir duquel aucune force n'est utilisée. Le calme ressemble à celui de la montagne. On ne voit aucun changement mais il peut y en avoir beaucoup. Le fondateur a dit:"Le Tao est la base, l'art en découle". Il faut donc acquérir le Tao en apprenant à ne pas résister, car alors seulement le corps apprendra à obéir. Que ce soit en attaquant ou en se défendant, il faut comprendre la méthode, puis acquérir la maîtrise du vide et de la quiétude. Ce n’est qu’à cette condition que la défense sera ferme. Si l’on est naturellement à l'aise, l'attaque sera aussi couronnée de succès. Dans l'exercice de poussée des mains, il faut apprendre à réaliser la non-résistance et l’adhérence. Une fois qu’on a réalisé l’adhérence, alors on peut réussir à neutraliser la force. Avec des ressources adéquates, une émission involontaire de force interne apparaît lors de la neutralisation.

     

    13. Quelle est l’importance du respect dont doit témoigner un pratiquant d’arts martiaux envers l’enseignant et les aspects philosophiques de l’enseignement ?

    Aujourd’hui, la science est très avancée et touche progressivement à tous les aspects du progrès humain. Cela fait monter le stress et entraîne une compétition acharnée dans le monde des affaires, ce qui affecte inévitablement l'esprit. C'est une maladie ordinaire. C'est pourquoi le Taï Chi, qui est un art ancien, est populaire et se pratique partout. Il n'a aucun secret. Il est juste envers tout le monde puisqu’il ne fait aucune différence entre les étudiants. Mais les étudiants commettent souvent des erreurs dans la pratique de l'art. Les étudiants devraient tenir compte des points suivants:

     

    1 Respecter l'enseignant et accepter la philosophie ou le Tao de l'art;

    2 Être honnête et ne pas prendre l'avantage injustement;

    3 Être consciencieux et sérieux, penser, observer et sentir ou être conscient pendant la pratique;

    4 Progresser pas à pas;

    5 Être humble et pratiquer constamment;

    6 Suivre tous les principes mentionnés plus haut lorsqu’on pratique tout seul. 

     

     

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