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    Le tai-chi, cet art martial ancestral conçu pour développer le corps et l’esprit, permettrait d’améliorer la qualité de vie et le bien-être des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque.

    Pour le corps comme pour l'esprit des personnes jeunes ou âgées, quoi de mieux que les mouvements lents et précis du tai-chi ? Cet art martial ancestral originaire de Chine de plus en plus répandu dans les pays occidentaux serait également le sport idéal pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque chronique, privés d'activité physique, en améliorant leur qualité de vie et leur bien-être.

    Le tai-chi, qui consiste en la réalisation de mouvements fluides et circulaires, de techniques de respirations et de concentration sur soi, a déjà fait l'objet d'études scientifiques qui ont pu mettre en avant ses effets bénéfiques (en réduisant l’hypertension ou en augmentant la quantité de certaines cellules immunitaires). Cette nouvelle conclusion ajoute donc une maladie à la liste, qui pourrait encore s’allonger.

    L’insuffisance cardiaque : une maladie grave

    Ces résultats ont été obtenus par des médecins du Beth Israel Deaconess Medical Center  voir http://www.bidmc.org/ (à l’Université de Harvard), en observant l’évolution des conditions physiques et mentales, grâce au tai-chi, des personnes souffrant d’insuffisances cardiaques liées à un trouble de la fonction systolique. Ce type d’insuffisance cardiaque est caractérisé par une baisse du débit cardiaque sanguin, due à une altération de la fonction contractile du myocarde. Le faible apport de sang enrichi à l’organisme entraîne un défaut en oxygène et en nutriments au niveau des organes du corps, ce qui conduit à l'apparition de symptômes

    (souffle court, congestion veineuse, gonflement des chevilles, intolérance à l'activité physique...) plus ou moins handicapants.

     

    Le Qi Gong de l'Hiver

    Les mouvements lents du tai-chi sont adaptés à toutes les conditions physiques. © Ken Seghers, Wikimedia, CC by-nc-nd 2.0

     

    Cette affection touche moins d’un pour cent de la population, principalement les personnes âgées, et la gravité de la maladie est caractérisée par ce que l’on appelle la « fraction d’éjection ». Celle-ci correspond au rapport du volume d’éjection systolique (différence entre le volume du ventricule cardiaque gauche plein et le volume du ventricule contracté) sur le volume diastolique (ventricule plein), et avoisine les 60 % chez les personnes en pleine santé.

    Dans cet article, publié dans la revue Archive of infernal médecine, http://archinte.amaassn.org/cgi/content/short/171/8/750 les médecins se sont intéressés à cent personnes dont la fraction d’éjection était inférieure à 40 %, âgées de 67 ans en moyenne. Bien que l’échantillon n’ait pas la taille requise pour une étude clinique digne de ce nom, et qu’il soit donc trop petit pour conclure de façon définitive, les différences dans cette étude sont significativement en faveur de l’art martial ancestral.

    Un effet encore peu compris.

    Selon les réponses fournies par les protagonistes à des questionnaires médicaux, les cinquante personnes ayant pratiqué le tai-chi pendant douze semaines déclarent être en meilleure forme que les cinquante autres (le groupe contrôle) qui ont effectué des exercices plus classiques de même intensité. En revanche, aucune amélioration n’est médicalement visible en ce qui concerne l’activité physique. En effet, les adeptes du tai-chi ne sont pas plus performants au cours d’une marche de 6 minutes, et n’ont pas de meilleurs résultats de consommation maximale d'oxygène (une mesure reflétant les performances sportives) que les personnes du groupe contrôle.

    L'origine de l’efficacité du tai-chi reste encore mystérieuse. De futures recherches concernant chaque élément indépendamment (la respiration profonde, l’exercice aérobique…) devraient permettre aux chercheurs de mieux comprendre comment ce genre de thérapies peut affecter le corps et l’esprit. 

    Source: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/tai-chi-une-activite-ideale-en-cas-dinsuffisance-cardiaque_29771/
    Merci à Jean-Pierre pour la transmission de cet article.
     

    Vous aussi n'hésitez pas à m'envoyer les articles intéressants concernant les études scientifiques faites sur le Taï Chi Chuan via mon adresse courriel/mail: bernarditaichi@gmail.com

     D'avance, soyez en remerciez!!!

    Bonne lecture et bonne pratique!!! 


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  • ALTERNATIVE MEDICINES CORNER     Nicole M. Maisch, Section Advisor 

    Tai chi decreases symptoms of fibromyalgia 

    Key point: The Chinese martial art of tai chi significantly decreased the symptoms of fibromyalgia and improved patients’ quality of life in a study recently published in the New England Journal of Medicine. 

    Finer points: A total of 66 patients diagnosed with fibromyalgia as defined by the American College of Rheumatology 1990 criteria participated in this single-center, single-blind, randomized trial from July 2007 through May 2009. Patients were randomized to either tai chi (n = 33) or control intervention (n = 33). Patients were allowed to continue seeing their primary care physicians and/or rheumatologists and to continue taking routine medications throughout the study. 

    Patients randomized to tai chi participated in interventions twice a week for 12 weeks in the form of 60-minute sessions. These classes were facilitated by a tai chi master who had more than 20 years of teaching experience. During the first session, the master explained the theory behind tai chi and provided the patients with written materials. In subsequent sessions, patients participated in 10 forms of classic Yang-style tai chi. Patients were encouraged to practice tai chi for at least 20 minutes each day in addition to the biweekly sessions. At the end of the 12 week period, patients were also encouraged to continue practicing tai chi at home daily until the 24-week follow-up visit. 

    Patients randomized to the control intervention also participated in 60-minute sessions held twice weekly for 12 weeks. During these sessions, patients were given didactic lesions on topics related to fibromyalgia, such as diagnostic criteria, coping strategies, problem-solving techniques, diet and nutrition, sleep disturbances, pain management, physical and mental health, exercise, and wellness and lifestyle management. For the last 20 minutes of each session, patients practiced stretching exercises supervised by the research staff. Patients were encouraged to continue the stretching exercises at home for 20 minutes each day. 

    The primary endpoint in the study was a change in the Fibromyalgia Impact Questionnaire (FIQ) score after 12 weeks. Secondary endpoints included summary scores on the physical and mental health components of the Medical Outcomes Study 36-Item Short-Form Health Survey (SF-36). All of the assessments were repeated at 24 weeks to test the durability of the response. 

    Patients randomized to tai chi experienced clinically significant improvements in the FIQ total score and quality of life. At 12 weeks, FIQ scores in the tai chi group declined by 18.4 points more than FIQ scores in the control group (P < 0.001). Intervention with tai chi was also associated in significant improvements in SF-36 physical-component and mental-component scores. These improvements were maintained at 24 weeks (P < 0.001). No adverse events were observed in the study. 

    What you need to know: In an accompanying editorial, researchers encouraged clinicians to consider tai chi for patients with fibromyalgia because of its potential efficacy and lack of adverse effects. 

    What your patients need to know: Tai chi may be a useful treatment for fibromyalgia. Long-term studies in larger study populations are needed to confirm the findings. 

    Sources: 

    Yeh GY et al. Prescribing tai chi for fibromyalgia—are we there yet? N Engl J Med. 2010;363:783–4. 

    Wang C et al. A randomized trial of tai chi for fibromyalgia. N Engl J Med. 2010;363:743–54.


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  • La façon la plus sensible d'analyser les effets du Qi est en terme de corrélation. 
Ce concept de "corrélation" permet aux scientifiques de discuter de guérison
 sans offenser son caractère mystique.

     

    Les principales corrélations observées sont:

    1. Électrique (bioélectrique) 

    2. Biochimique (pôle Jing) 

    3. Bioluminescence (biophoton)

    4. État de conscience (pôle Shen)

    Le Qi aurait donc un caractère à la fois électromagnétique, lumineux et biochimique.

    De plus, selon la philosophie chinoise, le Qi et l'énergie de guérison auraient depuis longtemps une corrélation avec la conscience, le SHEN (esprit).

    Ainsi les changements physiques causés par le Qi Gong (relaxation musculaire,
meilleure respiration et posture) sont influencés par l'énergie électromagnétique du corps. 
Le Qi crée un corps plus sain. Les changements physiques sont programmés 
par des messages électriques passant par le système nerveux.

    Sur le plan biochimique, on a observé une augmentation dans la production
d'endorphines (neuropeptides) et de l'hormone DHEA (dehydroépiandrostérone).
 Ce qui explique la sensation de se sentir bien. Ces substances agissent aussi
sur le seuil de la douleur et la longévité (aspect hormonal). 
D'ailleurs, le JING, comme le DHEA, se retrouve dans les glandes surrénales et le cerveau.

    Rappelons que le Qi Gong actif inclus des étirements, une respiration profonde, 
du conditionnement et des exercices isométriques. Ceci augmente notre mobilité, notre force,
 notre stamina et améliore l'équilibre et la coordination. De plus, les mouvements du Qi Gong
relaxent les fascias, les tissus connectifs qui maintiennent les organes en place, permettant ainsi aux organes 
de mieux fonctionner.

    Mais le Qi Gong est plus que des exercices ou du sport.
 En effet, la combinaison unique en Qi Gong de mouvements, de respirations, et de méditation améliore 
le fonctionnement de virtuellement tout les systèmes du corps et à la fois des effets préventifs et curatifs.

    Le Qi Gong renforce le muscle cardiaque, améliore la circulation sanguine et baisse la pression artérielle. 
Puisque la circulation sanguine s'améliore, les sujets sont moins portés
 à avoir des hémorroïdes, des ulcères et de la constipation.

    La relaxation et la respiration abdominale profonde permettent
 aux vaisseaux sanguins de relaxer et de se dilater légèrement. 
Des effets similaires ont été observés en Tai Chi.

    Le Qi gong est aussi bénéfique pour la digestion à plusieurs égards. 
Il améliore notamment l'appétit en stimulant la salive et les enzymes gastriques. 
Dans l'estomac, il stimule la production d'acide chlorhydrique (HCl), ce qui est utile car une baisse en HCl 
conduit à une mauvaise digestion, laquelle est un signe de vieillissement.

    Il y a aussi des évidences que le Qi Gong diminue la quantité de radicaux libres
 dans le milieu cellulaire (comme la vitamine C), protégeant ainsi les cellules nerveuses d'être endommagées. 
Dans le cerveau, l’EEG (électroencéphalogramme) indique une prépondérance en ondes "alpha",
 celles qui sont produites durant la méditation.

    Le Qi Gong augmente la vitalité parce qu'il conserve l'énergie en abaissant le métabolisme du corps.
 La respiration abdominale ou diaphragmatique en Qi Gong et en Tai Chi favorise une meilleure
absorption de l'oxygène et le rejet de gaz carbonique (CO2).
Ainsi la respiration par le diaphragme améliore constamment le tonus des muscles de l'abdomen. 
La capacité pulmonaire est aussi améliorée.
La pratique régulière du Qi Gong est aussi bénéfique pour les asthmatiques.

    L'action bénéfique sur le système immunitaire est particulièrement importante.
 Ceci a été observé notamment sur des recherches sur le cancer et la rémission à long terme.

    En terminant, un mot sur la longévité et particulièrement la mémoire.
 Le Qi Gong ne peut miraculeusement pas changer l'âge chronologique, mais peut agir sur l'âge fonctionnel. 
Des études importantes ont montré que chez ceux qui pratiquent régulièrement
le Qi Gong, leur niveau de l'enzyme SOD (super oxyde dismutase) augmente.
 Ceci est particulièrement utile pour protéger les cellules contre des dommages 
causés par le super oxyde et les radicaux libres qui peuvent détruire les cartilages et le liquide synovial.

    De plus, chez les pratiquants de Qi Gong, le niveau d'estrogène tend à baisser chez les hommes 
et à augmenter chez les femmes. Ce qui est bénéfique pour les femmes car normalement 
une réduction en estrogène après la ménopause conduit à une perte de calcium dans 
les os et augmente les risques d'ostéoporose et de problèmes cardiaques.

    En conclusion, le Qi Gong peut nous aider à "fan lao huan tong", 
c'est-à-dire retarder le vieillissement, recouvrer une jeunesse et aussi améliorer la mémoire.
 De plus, on vieillit plus lentement si le cerveau reste jeune et actif avec un esprit positif face à la vie.

    5. L'énergie, les émotions et le lien avec les organes. 
Parlons donc de psycho-neuro-immunologie.

    Le Qi Gong peut en effet guérir et corriger un dé-balancement émotionnel 
par une prise de conscience de notre comportement physique et émotif. 
Entre autres, les mauvaises habitudes de posture, de respiration et les tensions nuisent
 considérablement à une bonne forme physique et mentale. 
Il faut que le Chi puisse circuler librement dans tout le corps.
Toute contrainte (physique ou émotionnelle) peut donc nuire à ce "flux" d'énergie bénéfique.
 Par exemple, la peur cause des contractions musculaires affectant ainsi une bonne posture. 
Il s'en suit un dé-balancement hormonal (adrénaline et hydrocortisone), ce qui augmente
le niveau de sucre dans le sang, causant ainsi toute une série de problèmes qui en sont reliés. 
On parle alors de l'axe moléculaire "hypothalamo-cortico-surrénale". 
Donc des glandes du cerveau, via des hormones et des neuropeptides, conditionnent notre système rénal.

    Tout cela met en cause la chimie du cerveau ou chimie de notre conscience.
 En effet, comme le Chi, les neuropeptides circulent partout dans notre corps pour nourrir nos organes .
La peur, le stress, l'anxiété sont tous affectés par le niveau de 
ces neuropeptides aux organes cibles; comme le coeur, les reins, les glandes ou les intestins.
Tous ces organes sont riches en récepteurs spécifiques, lesquels
 contrôlent notre état émotif, notre niveau de stress et notre état d'anxiété ou de colère. 
Un dé-balancement conduit à des problèmes de digestion, entre autres.
 Les cellules immunitaires contiennent aussi un grand nombre de récepteurs peptidiques.

    La voie des Méridiens, ce canal énergétique qui conduit le Chi à tous les tissus du corps est aussi la "route" par laquelle le cerveau communique avec le reste du corps.

    En terminant, signalons que la relaxation n'est pas si facile à atteindre.
 Cela implique des transformations physiques, mentales et aussi chimiques... bien sûr.
 Ainsi, une tension continue, consciente ou non, draine constamment notre vitalité et notre Chi. 
Ce qui est la source de bien de problèmes psychologiques.
 Une façon, de s'en sortir, est d'être attentif, être à l'écoute de notre réservoir énergétique.

    Alors, n'hésitez pas à pratiquer le Tai Chi Chuan & le Qi Gong.


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    Applications thérapeutiques

     

    Beaucoup d’études rendent compte des bienfaits de la pratique du tai-chi pour diverses affections. Cependant, sauf en ce qui concerne la réduction des risques de chutes chez les personnes âgées, on constate souvent un manque de cohérence, un nombre insuffisant de participants et diverses lacunes méthodologiques dans les études. Cela explique en grande partie que son efficacité ne se classe généralement que comme possible ou incertaine.

     Réduire le risque de chute et améliorer l’équilibre des personnes âgées. Il s’agit des bénéfices du tai-chi les plus solidement documentés dans la littérature scientifique. Ainsi, une étude clinique randomisée, publiée aux États-Unis en 2005, a comparé l’efficacité d’un programme de tai-chi à un programme d’étirement et de relaxation chez 256 individus âgés de 70 à 90 ans. Pendant six mois, la moitié d’entre eux ont pratiqué le tai-chi trois fois par semaine, les autres ont fait des étirements et des exercices de relaxation au même rythme. Les patients du groupe de tai-chi ont chuté moins souvent (38 chutes contre 73) et ont augmenté leur vitesse de marche. De plus, leur équilibre s’est amélioré et ils ont affirmé ressentir une plus grande confiance au cours de leurs déplacements.

     Améliorer le sommeil. En 2004, une étude clinique randomisée a comparé l’effet du tai-chi à des techniques de relaxation (étirements et contrôle de la respiration) sur la qualité du sommeil. Cent seize personnes de plus de 60 ans, souffrant de troubles du sommeil d’intensité modérée, ont participé trois fois par semaine, durant six mois, à des séances d’une heure de tai-chi ou de relaxation. Les participants du groupe de tai-chi ont rapporté une baisse du temps nécessaire pour s’endormir (de 18 minutes en moyenne), une augmentation de leur durée de sommeil (48 minutes en moyenne) ainsi qu’une réduction des périodes de somnolence diurne.

     Réduire certains symptômes de l’arthrite rhumatoïde. En Chine, le tai-chi est reconnu depuis plusieurs siècles comme un traitement efficace de l’arthrite rhumatoïde. Selon les auteurs d’une revue systématique publiée en 2004, basée sur quatre études contrôlées randomisées incluant 206 participants, la pratique du tai-chi peut apporter une amélioration de l’amplitude de mouvement des membres inférieurs, particulièrement aux chevilles. Ils soulignent également que le tai-chi n’aggrave pas les symptômes de l’arthrite rhumatoïde, ce qui peut survenir durant la pratique d’exercices plus intenses. Par contre, le tai-chi n’a eu aucun impact cliniquement significatif sur l’aisance dans les activités quotidiennes, la douleur et le gonflement des articulations, ou l’amélioration globale évaluée par le patient.

     Améliorer la capacité aérobique. Publiée en 2004, une méta-analyse a regroupé sept études cliniques (344 participants) traitant de l’effet du tai-chi sur la capacité aérobie. Les résultats indiquent que les individus exerçant régulièrement le tai-chi développent une meilleure capacité aérobie (pic VO2) que des adultes sédentaires. D’autre part, un essai clinique préliminaire, réalisé auprès de trente sujets souffrant d’insuffisance cardiaque chronique, a comparé sur 12 semaines l’efficacité d’une technique de réhabilitation classique à un programme de tai-chi en complément des soins habituels. Les résultats indiquent une amélioration significative de la qualité de vie et de la capacité aérobie (pic VO2 et vitesse de marche).

     Promouvoir la santé mentale. Une revue systématique de cinq essais cliniques de qualité variable a démontré que les gens pratiquant le tai-chi présentaient des améliorations significatives selon plusieurs indices de bien-être psychologique (dépression, détresse psychologique, satisfaction de la vie, perception de la santé) comparativement à un groupe témoin.

     Réduire l’ostéoporose. Une étude clinique randomisée, réalisée à Hong Kong, indique que le tai-chi réduirait la perte de densité osseuse chez les femmes ménopausées depuis au moins 10 ans. Cependant, l’étude ne permet pas d’extrapoler les résultats à la population occidentale. De plus, on ne sait pas si ces résultats sont attribuables, de façon spécifique, à cet art martial ou à l’effet de l’exercice en général.

     Soulager l’arthrose. En 2003, un petit essai clinique randomisé a été mené auprès de 43 femmes de plus de 55 ans souffrant d’arthrose. Elles ont pratiqué le tai-chi hebdomadairement durant douze semaines, ou ont été assignées à un groupe contrôle. On a constaté des changements positifs significatifs quant à la perception de la douleur, de la raideur articulaire, de l’équilibre et de la force des muscles abdominaux chez les sujets pratiquant le tai-chi.

     Réduire les symptômes de la fibromyalgie. Les résultats d’un projet pilote, réalisé en 2003 auprès de 39 personnes, suggèrent que le tai-chi pourrait permettre une meilleure gestion des symptômes de la fibromyalgie et augmenter la qualité de vie des patients.

     

    Section Applications thérapeutiques
Recherche et rédaction scientifique : Dr Sylvie Dodin, M.D. et Mathieu Bujold, candidat au doctorat en anthropologie, Chaire Lucie et André Chagnon pour l'avancement d'une approche intégrée en prévention, Université Laval.
Révision : Geneviève Asselin, M.Sc. 

     

     


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  • Le Tai chi santé

    Une “ nouvelle ” thérapie vieille de plusieurs siècles

     

    Quand le docteur Jess Goodman, médecin de famille, ouvre sa trousse noire, il en sort parfois, pour le plus grand bien de son patient, une thérapie qu’aucune école de médecine canadienne n’enseigne.

    Le traitement prescrit peut inclure : La Grue blanche déploie ses ailes, Ramper comme un serpent, Repousser le singe avec, peut-être, un soupçon de Porter le tigre sur la montagne.

    Formule magique médicale? Certes non! 

    Le Dr Goodman, âgé de 44 ans, a reçu une formation médicale traditionnelle et s’est intéressé plus précisément aux problèmes de vieillissement. Diplômé de l’Université de Calgary en 1978, il pratique maintenant au Centre médical de Credit Landing, situé à Mississauga (Ontario). Il prêche aussi par l’exemple, puisque il pratique tous les jours cet art de santé chinois, à savoir le tai chi taoïste, qui prend sa source dans les arts martiaux chinois et dans le taoïsme, une des deux grandes philosophies religieuses chinoises, avec le confucianisme, remontant au VIe siècle avant Jésus-Christ.

    Le Dr Goodman est lui-même instructeur bénévole de tai chi et membre engagé de la Société de Tai Chi Taoïste du Canada. Depuis 18 ans, il pratique des exercices tels que “ La Grue blanche déploie ses ailes ”. Il s’agit de mouvements lents et gracieux qui détendent tout en renforçant le corps et l’esprit.

    Le tai chi taoïste, qui s’appuie sur le concept philosophique taoïste du retour à un état naturel de bien-être et de santé, a été amené en Amérique du Nord en 1970 par maître Moy Lin-Shin, moine taoïste. Ce dernier est venu s’installer au Canada après avoir étudié pendant plus de trente ans les arts taoïstes internes de la santé et de la longévité, en Chine et à Hong Kong.

    La Société de Tai chi Taoïste du Canada, qui a récemment inauguré son propre Centre de Santé de 72 lits à Mono Mills, localité située à une heure de route au nord de Toronto, professe que la santé d’un individu est tributaire de l’équilibre harmonieux entre le corps et l’esprit, et que le stress, l’anxiété et les fortes émotions ont des conséquences physiques néfastes. En plus d’améliorer notre condition physique et de procurer la relaxation, le tai chi conduit aussi à la tranquillité d’esprit car l’effort de concentration pendant la pratique mène, de façon toute naturelle, à une “ méditation en mouvement ”.

     

    Alors, comment un médecin traditionnel torontois en vient-il à enseigner un art de guérison chinois datant du XIe siècle?

    “ Après avoir terminé mes études de médecine, j’ai eu le triste sentiment de n’avoir pas appris l’essentiel : comment contrer le vieillissement ”, confie-t-il au magazine Medical Post. “ J’ai appris énormément sur les maladies, je pouvais facilement poser des diagnostics et appliquer plusieurs traitements, mais rien ne m’a été dit sur l’art de rester jeune que je ne puisse lire dans le Reader’s Digest : bien se nourrir, relaxer un peu tous les jours, faire de l'exercice cardio-vasculaire et des étirements.

    “ Alors, j’ai fait des recherches qui m’ont fait découvrir le tai chi que j’ai commencé à pratiquer, puis j’ai fait la rencontre de maître Moy qui m’a enseigné son art. Cela m’a revitalisé. J’ai constaté des changements dans mon corps, un regain d’énergie, d’endurance et d’amplitude articulaire.

    “ Cela fait maintenant 18 ans que je pratique le tai chi taoïste et je continue à voir des changements dans la façon dont ma colonne vertébrale bouge, dans la circulation sanguine qui parcoure les différentes parties de mon corps. C’est une sorte d’exploration interne du corps. Je me transforme en chercheur scientifique et je pars à la découverte des racines de ma santé afin de la préserver davantage. Et ce n’est pas une simulation, c’est du réel. ” 

    Selon le Dr Goodman, ce qu’on apprend à l’école de médecine permet de faire face à des problèmes de santé aigus, de les diagnostiquer et de prescrire un traitement approprié. Mais le tai chi taoïste est une technique qu’il peut conseiller à ses patients afin qu’ils améliorent eux-mêmes leur santé.

    “ Je vois tellement surgir de problèmes de santé chez les gens qui n’ont pas pris soin d’eux-mêmes correctement, dit-il. L’exercice est essentiel pour la santé. Une personne qui ne marche pas suffisamment sera constipée, celle qui reste assise trop longtemps aura des maux de dos. Cela s’applique à presque toutes les parties du corps et davantage encore aux problèmes musculo-squelettiques.

    “ Grâce au tai chi taoïste, toutes les parties du corps sont stimulées et régénérées par l’exercice physique. Le tai chi excelle à faire travailler le corps en entier.

    “ De plus en plus, les recherches scientifiques viennent appuyer le fait que le tai chi est sans risque et collabore au maintien de la santé. En tant que médecin ce sont là deux critères essentiels pour que je recommande une activité thérapeutique à un patient. Au chapitre de l’efficacité, les preuves sont convaincantes : le tai chi améliore la tension artérielle, l’équilibre (particulièrement chez les personnes âgées), le sentiment de bien-être physique et l’amplitude dans les mouvements. On a constaté aussi qu’il combat l’ostéoporose et améliore le fonctionnement mécanique de la colonne vertébrale en plus de soulager les douleurs lombaires et autres types de douleur chronique.

    “ Des études ont mis en évidence ses effets bénéfiques sur le système immunitaire, plus précisément sur le nombre de cellules T. L’étude la plus significative est parue dans l’American Geriatric Society Journal. Deux études, publiées il y a environ deux ans, portant sur les personnes âgées, comparaient le tai chi et différentes formes conventionnelles d’exercices visant à améliorer l’équilibre et concluaient que le tai chi était nettement supérieur.

    “ J’ai vu des gens qui, après avoir subi une crise cardiaque, avaient été déclarés physiquement plafonnés par leur physiothérapeute; ces personnes ont pourtant été en mesure d’améliorer leur état de santé pendant plusieurs années encore grâce au tai chi… Cela ne demande ni de gros efforts ni une grande force. Il faut simplement acquérir une bonne compréhension des principes de l’équilibre.

    “ De nos jours, nous adoptons des habitudes sédentaires qui nous conduisent au vieillissement prématuré ”, affirme le Dr Goodman. “ En tant que médecin de famille, j’ai bien peur d’être en train d’assister à une épidémie de vieillissement précoce dans notre population. Je vois des hommes relativement jeunes, fin de la vingtaine début de la trentaine, qui viennent consulter pour des douleurs lombaires diffuses : la névralgie sciatique. Chez les gars de cet âge, le dos devrait être fort, souple et flexible.

    “ Plus le temps passe et plus les gens constatent les grands dommages qu’entraîne l’inaction : ne plus marcher, ne plus courir ni jouer et ainsi de suite.

    “ Le tai chi est aussi un outil important pour gérer le stress, poursuit-il. Si vous êtes préoccupés par quelque chose mais que votre corps et votre esprit arrivent à se concentrer sur un autre sujet, alors vous oubliez l’objet de vos préoccupations et vous pouvez relaxer.

    “ Le tai chi est un exercice qui vous amène de façon répétitive à effectuer un enchaînement de mouvements allant de part et d’autre du corps pendant 15 à 20 minutes. Vous demeurez complètement concentrés sur la position de vos membres, sur les angles spécifiques qu’ils doivent adopter et pendant ce temps vous oubliez tout le reste.

    “ Selon la légende, poursuit le Dr Goodman, c’est Cheng San-feng, un moine taoïste, qui a élaboré cet art à partir de ses observations du déplacement des enfants et des animaux. L’observation de combats entre une grue et un serpent, par exemple, lui ont permis de dégager deux formes de mouvement, l’un direct et l’autre circulaire. Il a créé l’art du tai chi à partir de mouvements circulaires toujours coordonnés par la colonne vertébrale.

    “ Puis, il a combiné tous les arts de l’époque et en a fait une synthèse d’où origine le tai chi taoïste, rassemblant ainsi les qualités des arts martiaux, notamment la force, à celles des arts internes qui laissent le mouvement se diffuser à l’intérieur du corps, ce qui améliore la circulation sanguine et le fonctionnement des organes internes.

    “ Les effets bénéfiques de cet art sur la santé, à savoir les effets internes, ont longtemps été tenus secrets par les moines taoïstes. C’est seulement au cours du dernier siècle que cet art est parvenu au monde extérieur. ”

    Quelle catégorie de patients le Dr Goodman a-t-il vu bénéficier davantage du tai chi taoïste?

    “ On obtient des résultats importants avec les patients souffrant de sclérose en plaques (SEP), de la maladie de Parkinson, de crises cardiaques et d’arthrite rhumatoïde. J’ai aussi tenté d’aider les gens souffrant de fibromyalgie, maladie très douloureuse, mais j’ai beaucoup de difficulté à les convaincre de continuer.

    “ Quand ils tentent de s’étirer, ils augmentent leur inconfort physique. Ils essaient de pratiquer mais découvrent que les étirements sont douloureux, se découragent et abandonnent. 

    “ Les médecins qui incluent le tai chi parmi leurs traitements, dit le Dr Goodman, doivent l’offrir aux patients qui sont personnellement motivés. C’est un exercice qu’on enseigne à un individu, mais c’est à ce dernier qu’incombent les efforts pour progresser. Ce sont eux qui doivent faire les étirements et les répétitions continues.

    “ En tant que médecin de famille, je reconnais que plusieurs de mes patients ne peuvent faire face à tout cela. Pour une raison ou pour une autre, ils sont trop dépendants de leur entourage et incapables de s’aider eux-mêmes.

    “ Mais pour les patients bien motivés et désireux d’améliorer leur santé même si c’est par un processus lent et de longue durée, le tai chi est l’exercice idéal. ” 

     


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